© 2019 Raphaël Faon

second life landscapes

Cette série est composée de vues maritimes paradisiaques qui évoquent un univers de cartes postales, de posters et de décors peints, mais qui loin d’être des reproductions photographiques de paysages existants, sont des captures d’écran de l’univers virtuel de Second Life. La nature virtuelle des images ne se devine que dans le titre de la série, par certains jeux de textures et par la présence du curseur central de l’interface informatique, presque imperceptible. Il s’agit de se départir d’une impression première et de ce qui se donne comme une image du réel dans une lecture plus attentive de l’image, d’employer un lieu fictif, une simulation pour déjouer le caractère construit de nos imageries mentales.

cyanotypes sur papier, dimensions variables, 2014

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Le choix de ces paysages renvoie à l’histoire de la technique du cyanotype, procédé archaïque de la photographie qui vient du XIXe siècle, et qui a beaucoup été employé pour reproduire des paysages, notamment des paysages maritimes du fait de sa couleur bleue ; mais il renvoie également aux lieux communs de l’imaginaire en tant que lieux construits et littéralement virtuels dans cette série : les accidents de l’image, les recadrages formés par les calques et les plaques de verres, parfois brisées, sont une manière de déconstruire l’horizon du paysage et l’île ornée de palmiers inaccessibles. Au-delà, il s’agit d’expérimenter comment se forme une image singulière et unique dans le processus de tirage manuel, artisanal, alors que sa source est numérique et duplicable à l’identique et à l’infini. Le lieu virtuel entre en lutte avec la technique qui accorde à son image un effet de réel.