© 2019 Raphaël Faon

open sea

Open Sea a été inspiré par l’intérêt des acteurs du monde numérique pour la haute mer, zone maritime au large des côtes qui échappe à la législation de tous les Etats, ce qui implique que les données hébergées par des serveurs dans cette zone seraient hors du droit et qu’aucun Etat ne pourrait avoir de droit de regard sur elles. Différents projets ont été formulés par des organisations différentes, des grandes entreprises du numériques comme Google dont les ingénieurs ont imaginé une plateforme offshore de serveurs alimentés par l’énergie solaire et les courants marins, refroidis par l’eau de la mer, aux hackers informatiques comme ceux du site de téléchargement libre thepiratebay qui a un temps appelé aux dons pour acheter une plateforme dans la haute mer.

 

Pour réaliser cette œuvre, nous avons voulu faire comme un prélèvement de cette haute mer qui prend la forme d’un fragment en images de synthèse élaboré à partir des algorithmes qui permettent de simuler la mer dans les effets spéciaux de cinéma et les jeux vidéo ; cependant, si nous employons ces artifices pour symboliser la haute mer, il ne s’agit pas de faire un trompe-l’œil, de donner l’illusion d’une mer infinie, mais bien de délimiter un morceau géométrique dont les limites apparaissent et qui forme comme une carte animée par la houle.

 

Cette image de la haute mer convoitée est placée dans une structure minimaliste qui s’inspire des baies de stockage des serveurs informatiques ; cette sorte de tour dressée comme un phare émet à la manière des voyants électroniques une faible lumière qui croit et décroit en rappelant le mouvement des vagues. Elle est également accompagnée d’un son qui rappelle celui de la mer, mais qui provient de l’enregistrement de l’ambiance sonore des data centers.

 

Ce fragment de haute mer est une utopie inversée, une île d’eau qui flotte comme une image fantôme inspirée par les dispositifs holographiques du théâtre, à l’intérieur des structures informatiques qu’elle pourrait héberger.

Cette œuvre a été produite et présentée par le festival Hors-Pistes pour l’exposition Traversées (Centre Pompidou - 2017).

Le fragment holographique de haute mer visible dans la boite (aperçu) :

Installation - dispositif holographique,

1m20 x 1m20 x 2m40, 2017

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